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Vous risquez de dresser le privé contre le public ?

Notre but n'est pas de dresser le secteur privé contre le secteur public mais de mettre fin aux inégalités criantes qui règnent entre les régimes de retraite du public et du privé et aussi de proposer des solutions. En 2011, selon le COR, la retraite moyenne dans le public s'élevait à 1 932 € par mois et à 1 281 € dans le privé. 

Nous sommes au bord d'une véritable crise des retraites et c'est le régime public qui, le premier, sera dans le rouge. Il est donc urgent de prendre des mesures pour ne pas se retrouver au pied du mur.

Les salariés du régime privé, de leur côté, ont déjà consenti un gros effort, lors de la réforme diligentée par Edouard Balladur en 1993, en acceptant que leur pension soit calculée non plus sur les 10, mais sur les 25 meilleures années. Ils ont aussi accepté que l'indexation soit fondée non plus sur l'évolution des salaires mais sur l'indice des prix et que la durée de cotisation soit allongée de 2,5 ans. Toutes ces mesures aboutissent à terme à une diminution de la retraite du privé.

Les fonctionnaires, quant à eux, n'avaient pas été concernés par cette réforme. Ils l'ont été un peu plus par la loi Fillon du 21 août 2003 qui a allongé leur durée de cotisation de 37,5 ans à 40 ans. Puis par la loi Woerth du 9 novembre 2010 qui aligne très progressivement leur taux de cotisation sur celui du privé. Cependant, ils continuent de toucher une retraite égale à 75%, hors primes, de la moyenne des 6 derniers mois d'activité. Dans le privé, ce taux de remplacement s'élève à 60 %, en incluant la retraite complémentaire.

De plus, l'Etat, en sa qualité d'employeur, ne verse pas les cotisations retraite dont il est redevable. Elles figurent bien sur la fiche de paye du fonctionnaire mais ne sont que fictives. Non provisionnées, ces cotisations sont payées par l'ensemble des contribuables. 

Autrefois, ces avantages pouvaient s'expliquer par le fait que les traitements de la fonction publique étaient très inférieurs aux salaires du privé. Ce n'est plus vrai aujourd'hui où le revenu moyen d'activité dans le public est de 22 188 euros (145 540 F) contre 16 520 euros (108 360 F) dans le privé. Pour cette raison et pour mettre en oeuvre cette fameuse solidarité dont on nous rebat les oreilles, il nous semble logique de revoir le contrat des jeunes qui entrent dans la fonction publique. Cela ne remet en cause ni le statut des fonctionnaires en place ou à la retraite, ni leur mérite personnel.



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