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Dérives de la Sécu : dès 1850, l'économiste Frédéric Bastiat avait tout prévu !


article publié le 25-05-2016


En 1850, l’économiste Frédéric Bastiat avait prophétisé la faillite actuelle de la Sécurité sociale, soulignant avec une incroyable acuité ses vices intrinsèques.


Parlons uniquement de la « branche vieillesse »
de la sécurité sociale,
celle qui est chargée des retraites et qui connaît aujourd’hui les plus grandes dérives :

-       Non sans raison, les actifs s’estiment de plus en plus spoliés ; les cotisations ne cessent d’augmenter pour les salariés : 18 % en 1991, 28 % en 2016. Au surplus, une fiscalité également en hausse est massivement affectée au financement de la vieillesse. Enfin, pour comble, cela ne suffit plus ! Beaucoup de régimes vivent à crédit reportant sur les générations futures les charges d’aujourd’hui… Au nom de la solidarité ?

-        Les retraités se sentent lésés. La plupart des pensions ne sont plus revalorisées et subissent l’effet rabot de nouveaux prélèvements obligatoires (CASA, augmentation de l’impôt sur le revenu des veuves, etc.). Par ailleurs, les retraités sont clairement stigmatisés, les rapports publics s’entassent les désignant comme la génération dorée (l’agriculteur à 500 € ou l’ex-cadre de la SNCF à 10 000 € ?). Stratégie archaïque du bouc-émissaire qui vise ni plus ni moins à préparer le terrain des prochaines politiques du garrot et du rabot.

-         Les administrations se juxtaposent et s’empilent avec leur lot de déviances bureaucratiques

Qui est responsable ?
Qui gouverne réellement les régimes de retraites et leurs caisses pléthoriques ?

Il faut relire Frédéric Bastiat pour comprendre les ressorts profonds de cet échec programmé. En 1850, dans son ouvrage « Les Harmonies économiques », le célèbre économiste avait prophétisé ce qu’allait devenir les sociétés de secours mutuels préemptées par l’Etat-providence. Il a annoncé les ravages que cette préemption allait provoquer, en privant les personnes de leurs libertés et de leurs responsabilités, pourtant garantes irremplaçables de la pérennité de ce type d’institutions. Or, expose-t-il, « ce n'est jamais sans créer pour l'avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu'on soustrait l'individu aux conséquences de ses propres actes ».

Bastiat se fonde sur une anthropologie sociale réaliste pour proposer une démonstration simple et imparable :

1.      Le secours mutuel tend à déresponsabiliser l’individu

Réaliste, Bastiat constate combien, dans un système de secours mutuel, il est tentant pour certains d’abuser du labeur des autres : puisque « nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d'ouvrages, il serait à craindre [...] que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux ».

2.      La surveillance réciproque rétablit la responsabilité

En conséquence, Bastiat souligne que « les secours mutuels impliquent une mutuelle surveillance, sans laquelle le fonds des secours serait bientôt épuisé. Cette surveillance réciproque [...] fait la vraie moralité de l'institution. C'est cette surveillance qui rétablit la Responsabilité. »

3.      La liberté est la condition de la responsabilité

Il précise aussitôt que cette responsabilité n’est viable que si elle est assumée librement par les personnes directement concernées, dans un périmètre circonscrit à leurs responsabilités : « pour que cette surveillance ait lieu et porte ses fruits, il faut que les sociétés de secours soient libres, circonscrites, maîtresses de leurs statuts comme de leurs fonds. »

4.      La préemption par l’Etat détruit la responsabilité

Bastiat indique alors ce qu’il adviendra du « secours mutuel » quand l’Etat viendra à mettre la main dessus, privant ainsi les personnes concernées de la responsabilité liée à leur liberté : « Son premier soin sera de s'emparer de toutes ces caisses sous prétexte de les centraliser ; et pour colorer cette entreprise, il promettra de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable [...] Ensuite, sous prétexte d'unité, de solidarité, il s'avisera de fondre toutes les associations en une seule soumise à un règlement uniforme. »

5.      La destruction de la responsabilité crée l’abus

C’est alors la moralité même du « secours mutuel » qui s’effondre : « Que sera devenue la moralité de l'institution quand sa caisse sera alimentée par l'impôt ; quand nul, si ce n'est quelque bureaucrate, n'aura intérêt à défendre le fonds commun ; quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, se fera un plaisir de les favoriser ; quand aura cessé toute surveillance mutuelle, et que feindre une maladie ne sera autre chose que jouer un bon tour au gouvernement ? »

6.      L’abus entraîne l’autoritarisme technocratique

Toujours davantage dépassé par le caractère ingérable du système qu’il a lui-même créé, l’Etat sombre dans l’autoritarisme technocratique : « Le gouvernement [...] ne pouvant plus compter sur l'action privée, il faudra bien qu'il y substitue l'action officielle. Il nommera des vérificateurs, des contrôleurs, des inspecteurs. On verra des formalités sans nombre s'interposer entre le besoin et le secours ».

7.      L’individu déresponsabilisé réclame toujours plus à l’Etat-providence

Privé de sa responsabilité, l’individu réclame toujours plus : « Les ouvriers ne verront plus dans la caisse commune une propriété qu'ils administrent, qu'ils alimentent et dont les limites bornent leurs droits. Peu à peu, ils s'accoutumeront à regarder le secours en cas de maladie ou de chômage, non comme provenant d'un fond limité, préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la Société. Ils n'admettront pas pour elle l'impossibilité de payer, et ne seront jamais contents des répartitions. »

8.      Le système court inévitablement à l’explosion

Le système de Sécurité sociale se trouve alors pris dans un cercle vicieux qui conduit à la faillite : « L'État se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l'opposition des commissions de finances, il se trouvera engagé dans des difficultés inextricables. Les abus iront toujours croissants et on en recalculera le redressement d'année en année, comme c'est l'usage jusqu'à ce que vienne le jour d'une explosion. »

9.      Les principes élémentaires de la vie en société sont détruits

Bastiat prophétise alors, au-delà de la faillite de la Sécurité sociale, la subversion des principes mêmes de la vie en société et du bien commun : « On s'apercevra qu'on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d'un ministre ou d'un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d'avoir perdu jusqu'à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice. »

Voici un texte visionnaire qui démontre – avec plus d’un siècle d’avance –  comment nous sommes arrivés à la situation inextricable que nous connaissons aujourd’hui. Il en va du système de retraite comme de la Sécurité sociale obligatoire dans son ensemble : une mort annoncée, causée par le vice anthropologique originel de l’Etat-providence.



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