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Réformons l’État pour sauver les retraites ! (Et non l’inverse…)

Les faillites de l’État-Providence ont pour conséquence le déclin de la France dans tous les domaines et l’appauvrissement des Français, fiscalement vampirisés. Les retraités ne doivent pas faire les frais du refus de l’État de se réformer.

Depuis près d’une semaine, les articles se multiplient dans tous les journaux pour nous inviter à pleurer à l’annonce de ce triste constat : « les Français ont désormais un niveau de vie inférieur à la moyenne de celui des autres européens ». Fini donc le temps où nos éditorialistes donnaient des leçons d’économie aux pays du sud sur un ton plus ou moins condescendant. L’Italie est désormais à notre niveau et l’Espagne et le Portugal ont quasiment rattrapé leur retard. Quant aux pays du nord, avec lesquels nous rivalisions dans les années 1980, la richesse par habitant est désormais supérieure de 16 % en Allemagne et de 34 % aux Pays-Bas.

La France décroche et recule dans tous les secteurs. Le chômage est nettement plus élevé dans l’hexagone qu’ailleurs, puisqu’il touche 7,7 % de la population (contre 6,3 % en moyenne dans la zone européenne). Nos déficits commerciaux se cumulent, toujours plus élevés (69 milliards d’euros en 2025), alors que quasiment tous nos partenaires européens sont excédentaires. Enfin, la dette publique des administrations françaises bat chaque année tous les records puisqu’il est prévu d’emprunter 310 milliards d’euros pour cette seule année 2026 niveau jamais atteint.

Inutile d’en ajouter puisque même les dernières autruches du déni – les plus irréductibles – sortent désormais la tête du sable et sont totalement ébahies par ce piteux tableau. Il est beaucoup plus constructif de s’interroger sur les causes de cette dégringolade historique pour tenter de redresser la barre et d’affronter l’avenir dans de meilleures dispositions. Dans ce cadre, deux économistes, Stefan Fölster et Nima Sanandaji, ont récemment publié une étude du plus grand intérêt : « le mythe de l’État-Providence ». D’après leurs travaux, il s’avère que, contrairement à une idée bien ancrée dans notre pays, une forte pression fiscale n’irait pas de pair avec un État-Providence généreux et efficace, bien au contraire.

En effet, combien de fois n’a-t-on pas entendu, que si notre pays était devenu le champion du monde des prélèvements obligatoires, c’était le prix à payer pour conserver le fameux « modèle-social-que-tout-le-monde-nous-envie », garant d’un supposé bien-être collectif ? En d’autres termes, nous serions bien heureux de bénéficier d’un État-Providence très généreux et cette générosité aurait forcément un coût. Or, les données analysées par nos deux économistes infirment cette idée reçue. Il ressort, au contraire, que ce sont souvent les pays où la fiscalité reste modérée qui ont les meilleurs résultats en terme d’éducation, de santé ou d’insertion professionnelle. À l’inverse, les pays champions de la fiscalité ont des difficultés de plus en plus criantes à honorer leurs promesses.

Chez Sauvegarde Retraites, nous avons fait depuis longtemps le constat de cette faillite de l’État-Providence concernant les systèmes de retraite français. La promesse initiale d’un régime équitable et généreux s’effondre à mesure que les années passent et que nos politiques sont incapables de mener des réformes profondes et adaptées. Évidemment, le développement considérable de l’économie a permis de servir un niveau de retraite sans précédent aux générations d’après-guerre, mais, tels qu’ils sont encore gérés, beaucoup de régimes de retraite obligatoires recèlent au moins trois dérives :

  • Une iniquité criante, parfois même poussée à son paroxysme. Les régimes les plus avantageux (départ précoce à la retraite, mode de calcul de la pension, réversion, etc.) sont très souvent garantis par des fonds publics, autrement dit par le contribuable. La générosité des prestations qu’ils servent est alors maintenue à son plus haut niveau sans frais pour les intéressés. Dans les régimes de droit commun, en revanche, les rendements n’ont cessé de chuter au cours des deux dernières décennies pour maintenir les caisses à l’équilibre. Pis, certains régimes moins avantageux et qui couvrent des affiliés parfois modestes sont ponctionnés pour alimenter d’autres régimes plus avantageux dont les affiliés ont des statuts et des rémunérations meilleurs. Cela engendre une solidarité inversée pour le moins choquante que l’on appelle « effet Matthieu » en droit de la protection sociale.
  • De très lourds déficits qui alimentent chaque année la dette publique. Il s’agit en particulier des régimes spéciaux de retraite. Ce sujet est encore tabou même s’il commence à percer. L’arbre des artifices comptables (tours de passe-passe, cavalerie, etc.) ayant de plus en plus de mal à cacher la forêt des déficits. Désormais, près d’une retraite sur cinq est financée à crédit.
  • L’État-Providence étant soumis à une pression financière sans précédent, la tentation est forte d’en incriminer les bénéficiaires plutôt que de le réformer sérieusement.

En matière de retraites, ce dernier point se traduit par une non-revalorisation courante des pensions, une fiscalité rampante, en particulier via la CSG, et des menaces de plus en plus concrètes sur l’épargne. Globalement, notre hyper État-Providence est la première cause d’une fiscalité confiscatoire. Les conséquences en sont bien connues : découragement de l’esprit d’entreprise, désincitation au travail et baisse du pouvoir d’achat de l’ensemble des Français. Pas étonnant, dans ces conditions, que notre niveau de vie soit désormais inférieur à celui de la moyenne européenne. À quand une vraie réforme de l’État ? Les autres pays européens l’ont faite !

Au cours de la campagne présidentielle à venir, nous exigerons sans détour que tous les candidats s’engagent sur ce point.


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