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Régime spécial de la SNCF : maintenant ça suffit !


article publié le 31-10-2017

Le contribuable, qui finance l'un des meilleurs régimes spéciaux de retraite, ne devra pas céder devant les syndicats, au printemps 2018... 


Emmanuel Macron avait promis, lors de sa campagne, d’en finir avec les privilèges éhontés attachés aux régimes spéciaux de retraite, tel que celui de la SNCF. Il est temps de tenir sa parole !

Un conducteur de train peut partir à la retraite à 52 ans avec une pension à taux plein encore meilleure que celle d’un fonctionnaire (75 % de la rémunération calculée sur les six derniers mois de carrière, la plupart des primes étant incluses dans la base de calcul). Pour financer les avantages exorbitants du régime spécial de la SNCF, l’Etat-actionnaire, donc le contribuable, lui verse une subvention de 3,4 milliards d’euros par an ! Cela signifie que lorsque le contribuable français paie 100 € d’impôt, il verse plus de 1 € pour le seul régime spécial de retraite d’une seule entreprise publique qui accuse, de surcroît, une dette invraisemblable de 44 milliards d’euros.

C’en est assez ! Quand donc ce scandale va-t-il cesser ? Si l’on en croit Emmanuel Macron, une loi-cadre sera discutée au premier semestre 2018, incluant tous les sujets qui fâchent : statut des cheminots, régime de retraite, concurrence, dette, etc. De fait, le président de la République n’a pas mâché ses mots cet été lors de l’inauguration de la ligne à grande vitesse Le Mans-Rennes : « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du 21ème siècle ». Et Emmanuel Macron de s’attaquer directement au sacro-saint statut des cheminots : « Vous protéger ce n’est pas protéger votre statut », a-t-il osé. Et il a enfoncé le clou sur le régime de retraite : « Soyons clairs, si nous ne réglons pas ce problème, ce sont vos enfants qui paieront, c’est injuste. »

En attendant, c’est au contribuable qu’on fait les poches. Et voici qui n’est pas près de finir : en contrepartie de cette réforme à la serpe, Emmanuel Macron assure que l’Etat est prêt à reprendre la dette de 44 milliards d’euros de la SNCF, soit l’équivalent de 60 % du déficit budgétaire annuel de la France ! Il y a bien sûr dans cette annonce un artifice : l’Etat étant actionnaire à 100 %, il est de toute façon solidaire de cette dette. Le mal est déjà fait depuis longtemps…

Voici une raison de plus de ne pas faiblir ! Car en face, les syndicalistes professionnels poussent des cris d’orfraie et fourbissent leurs armes, refusant toute suppression du régime de retraites. Compte-tenu de la capacité de nuisance de ces revendicateurs à temps plein, il convient de rester vigilant sur tous les plans : le calendrier de la réforme et son ampleur bien sûr ; mais aussi et surtout les contreparties qui pourraient être accordées. Certes, le projet Macron semble ambitieux puisqu’il s’agit de « basculer vers un régime unique où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits ». Ceux qui sont à moins de cinq ans de la retraite seraient épargnés, les autres gardant les droits antérieurs acquis mais basculant dans le nouveau régime pour les droits à venir. Cependant, l’expérience montre que toutes les réformes depuis 30 ans ont mis en œuvre des mécanismes de compensations pour les agents publics ou assimilés dès que le moindre petit effort leur était demandé en matière de retraite.

A cet égard, il faut rappeler que le programme du candidat Macron prévoit la possibilité, dans le cadre de l’alignement des régimes spéciaux de retraite, de permettre un mécanisme de surcotisation des entreprises publiques souhaitant maintenir les avantages de leurs agents ! Voilà qui revient à faire payer par tous le maintien des privilèges de quelques-uns. Cela aussi, ça suffit !

 

 

 

 

 

 

 

 


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