À la CNAV, toutou va bien…
Dans un message destiné aux salariés du régime général, M. Villard déclare quitter ses fonctions « pour vivre une nouvelle aventure professionnelle et tenter de relever de nouveaux défis ». Ceux qu’il avait " tenté de relever " à la Cnav ne lui suffisaient apparemment pas. Il est vrai que les tentatives n’avaient pas été fructueuses.
En 2014, il avait exercé les fonctions de conseiller chargé des retraites et de la famille auprès de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales sous la présidence de François Hollande et auteur d’une énième réforme paramétrique qui était censée, comme toujours, « sauver notre système », mais n’a rien réglé.
Les projets de réforme suivants ont eux aussi échoué, la dernière, portée par Elisabeth Borne, étant aujourd’hui " suspendue ". Renaud Villard n’en a pas moins, paraît-il, « piloté [sa] mise en œuvre » ! Un travail d’illusionniste dont les fumigènes et les artifices n’ont trompé personne, à en croire un syndicaliste CFDT, qui déclare : « Avec lui, ça allait toujours bien, même quand ça allait mal » !
On aurait toutefois tort de croire que Renaud Villard n’a rien fait au cours de ses dix années passées à la tête de la CNAV. Dans un dernier message adressé aux salariés de ce régime, il leur fait part de ses motifs d’autosatisfaction. « Comme DG de la CNAV », il se dit « très fier » d’avoir autoriser les employés à emmener avec eux leurs toutous au bureau et se félicite aussi d’avoir lutté contre les « stéréotypes de genre » : « Cette année, tous et toutes nos 14000 collègues de L'Assurance retraite seront formé.e.s à la lutte contre les discriminations, via une formation " maison " et très bien faite », se réjouit-il.
On croit rêver ! Les chiens au bureau et l’idéologie de genre : voilà ce qui occupe le Directeur général de la CNAV, alors que des dizaines de milliers de retraités, qui ont cotisé pendant toute leur carrière, sont en souffrance, comme en témoignent les commentaires acerbes que les affiliés à la CNAV ont laissé sur Internet. Estelle P. juge qu’« il serait beaucoup plus intéressant de traiter en priorité les dossiers des assurés qui ont demandé la liquidation de leurs droits et qui attendent depuis des mois leur pension retraite ». Une retraitée, Isabel D., écrit : « La Cnav formidable ?! Je suis sans revenus ! ils ne traitent pas mon dossier et je n’ai plus mon invalidité ! Sont nuls ». Une autre, Renée S., déplore « plus de 70 000 € de retenues indues » et la suppression depuis 2013 de sa pension de réversion, tout en s’indignant du « mépris » dont les services de la CNAV ont fait montre à son égard en la qualifiant de « fraudeuse ». Une autre encore, Catherine G., « à bout moralement et financièrement », évoque « le bug informatique qui fait que les gens qui passent de retraite progressive (avec l’employeur qui cotise à 100%) à une retraite définitive voient leur dossier bloqué et même masqué donc pas traité. » Ces témoignages recoupent et confirment tous ceux, nombreux, que nous recevons à Sauvegarde Retraites.
Les retraités auraient donc quelques raisons de souhaiter être aussi bien traités que des chiens à la CNAV – ou, du moins, de bénéficier de la même attention que M. Renaud Villard montrait à ces aimables toutous. L’ancien Directeur général est allé porter ses priorités ailleurs. Les cotisants et retraités ne le regretteront pas !

