Retraites de la Poste dans le rouge!

Les 57 milliards d’euros d’engagements de retraite pour les fonctionnaires de La Poste ne sont pas financés. On s’attend à un nouvel « EDF » avec une soulte impossible à payer. Contribuables, à vos porte-monnaie !

Aussi ponctuel que nous l’avions annoncé depuis l’année dernière, voici le dossier des retraites de La Poste, le « petit frère » d’EDF. Il faut dire qu’il « ne pèse que » 57 milliards d’euros (à côté des 80 milliards des IEG !). Jean-Paul Bailly, son président, vient d’exprimer ses inquiétudes devant les journalistes de l’information sociale. La Poste doit faire face au vieillissement de sa population de fonctionnaires (10 000 départs en retraite par an dans les années à venir), tout en tenant la gageure de payer pour eux 57 milliards d’engagements de retraite. En 1997, un accord avait permis de limiter sa charge annuelle à 2 milliards d’euros, l’Etat prenant à sa charge le complément (200 millions en 2004). Du fait de l’obligation de la mise aux normes comptables internationales en 2007, les engagements qui étaient « hors bilan » vont être réintégrés. Et là, même problème que pour EDF-GDF, la société pourrait tomber en faillite car elle n’a que 2,3 milliards d’euros de fonds propres. La solution imaginée par Jean-Paul Bailly s’inspire tout droit de ce qui a été fait pour France Télécom et EDF-GDF : un adossement au régime général, moyennant le versement d’une soulte. Le hic, c’est que La Poste risque d’être incapable de la payer. Dès lors, sur qui va peser la note ? L’ensemble des salariés cotisant à la Cnav - en déficit structurel à partir de cette année -, le consommateur (la hausse du prix du timbre ne fait que commencer) et le contribuable, par définition mis à contribution.

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